L'année 2008 à la bourse

Posté le 29 décembre 2008 dans Rouspétages par Did

Si vous avez besoin d'éclaircissements ou si vous pensez que la crise actuelle est sans gravité, lisez ceci. ;-)

Voici un résumé de l'année boursière 2008, qui a une étrange ressemblance avec la crise financière de 1907. Vous pouvez lire la rétrospective plus complète sur Boursorama Rétro 2008 : L'année où tout a basculé partie 1, 2, 3, 4.

Argent

On peut dire que tout a commencé en 2007 avec la crises des "subprimes", des prêts à risque consenti par les banques américaines à des ménages qui n'avaient que leur maison comme garantie. Seulement, la baisse des prix de l'immobilier augmenta le risque de ces produits. Ce qui a fait vraiment peur, c'est qu'on s'est rendu compte que ces crédits étaient transformés par les banques en sorte d'obligations, vendus à leur client au sein de produits censés être sûrs. :-|

Les bourses européennes ont accusé plus fortement le coup que les américaines, mais à plus de 5.500 points en début d'année 2008, le CAC 40 repartait.

Mais la crise immobilière américaine plus profonde que prévu, la confiance écornée et les perspectives économiques moroses sapaient le moral des investisseurs.

Le 21 janvier, première séance de panique (-6,83%), la Société Générale en train de liquider discrètement les positions faramineuses de Jérôme Kerviel? On apprend en effet trois jours plus tard, la perte de 4,9 milliards € par un trader mal surveillé et des positions débouclées à la hâte.

En février, la banque britannique Nothern Rock est nationalisée, mal en point pour avoir consenti des prêts trop risquée.

Les investisseurs ont peur de tout ce qui ressemble à un crédit titrisé, plus personne ne veut d'obligations (moyen de financement pour les entreprises). Les banques ne prêtent plus d'argent, et les banques centrales des différents continents sont forcés d'injecter en masse de l'argent (prêts aux entreprises sur les marchés obligataires) pour permettre à l'économie mondiale de continuer à fonctionner. :!:

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Le 16 mars, l'action Bear Stearns dévisse de 83% à Wall Street et Lehman Brothers abandonne 40%. Le secteur financier paye des années d'insouciance. La banque fédérale ricaine (FED) sauve Bear Stearns en lui accordant un prêt d'urgence tout en supervisant son rachat par JP Morgan Chase.

Le 11 juillet, c'est au tour de la banque californienne Indymac d'être mise sous tutelle.

PétroleParadoxalement le pétrole a doublé en un an et se négocie prêt de 150$ le baril. Les acheteurs se rabattant sur les matières premières. J'expliquais les stupides raisons de cette hausse en juin.

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Quelques semaines plus tard, George W. Bush tente de sauver le secteur immobilier en offrant des garanties aux emprunteurs, jusqu'à 300 milliards $, et d'aider les deux géants du refinancement hypothécaire, Fannie Mae et Freddie Mac. Les deux organismes garantissent en effet 40% des prêts immobiliers du pays.

Une action bien trop tardive (à mon avis), le 7 septembre Fannie et Freddie sont placés sous tutelle, quasi-nationalisés. S'ils faisaient faillite, la crise devenait incontrôlable. Les investisseurs sont soulagés, brièvement...

Lehman BrotherLe lundi 15 septembre, les 20 000 salariés de Lehman Brothers apprennent la faillite de leur entreprise. :-( La plus grosse de l'histoire des États-Unis. Cette fois-ci, pas de sauvetage public. Le secrétaire au Trésor Henry Paulson est aussi l'ancien président de la banque d'affaires Goldman Sachs (concurrent de Lehman). Vengeance?

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Des inquiétudes pesaient aussi sur la première compagnie d'assurance mondiale, l'américain AIG, menacé de faillite. Le lendemain de le faillite de Lehman, le 16 septembre, la FED décide cette fois-ci de sauver AIG avec un prêt de 85 milliards $.

Les autres banques d'affaires, concurrents restants de Lehman Brothers, ne sont pas à la fête. :-|

  • Merrill Lynch est racheté par Bank of America.
  • Morgan Stanley est aidé par Mitsubishi UFJ Financial Group, filiale bancaire du japonais Mitsubishi.
  • Goldman Sachs se vend en partie à l'investisseur Warren Buffett (5 milliards $ au capital).
  • Wachovia est racheté par Citi, le 29 septembre.
  • Dexia en Belgique est sauvée par les autorités françaises et belges (6,4 milliards €).
  • Fortis est démantelé entre Belgique, Pays-Bas, Luxembourg et BNP Paribas.

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Face à cette débâcle, Henry Paulson présente son plan de sauvetage. Tous les actifs "pourris" des banques seraient assurés par l'état ricain, jusqu'à 700 milliards $. Le plan est d'abord rejeté le 29 septembre par la Chambre des Représentants (-7% sur le Dow Jones), puis une seconde mouture est adoptée le 3 octobre par le Congrès.

Emmêlé dans la bureaucratie l'Europe ne parvient pas à présenter de plan similaire. En revanche, les principales banques centrales du monde agissent simultanément pour baisser les taux d'intérêt le 8 octobre. Encore une fois, des mesures qui arrivent trop tardivement. Les banques ne se prêtent toujours pas d'argent entre elles.

La confiance n'est plus là et les actions continuent d'être vendues. Des baisses historiques surviennent (-9%, -6%, -8% début octobre sur le CAC40).

L'Islande, paradis des banques, reçoit un prêt d'urgence du FMI de 2,1 milliards $ le 19 novembre. La Grande Bretagne veut nationaliser toutes ses banques. Le 12 octobre l'Europe parvient à s'entendre et vote un plan garantissant les prêts interbancaires, la France garantira au maximum 360 milliards €.

Cette fois les marchés apprécient ce déblocage interbancaire. Le lundi 13 octobre, le Cac 40 signe la plus forte hausse de son histoire avec un bond de 11,18%, quand même loin de rattraper les pertes du mois. Les investisseurs sont rassurés sur les faillites des banques, mais ils craignent maintenant la récession mondiale. La volatilité est très forte, les scéances de fortes hausses et de fortes baisses se succèdent. Le CAC 40 est autour de 3000 points, à -40% depuis le début de l'année, du jamais vu. :-o

cac40.png

Beaucoup de gens craignant que la baisse se poursuive veulent retirer leur argent de leurs placements. Ces ventes des fonds d'investissement mettent à jour une escroquerie de 50 milliards $ mise en place depuis des décennies par un courtier de Wall Sreet, Bernard Madoff.

En fin d'année le pétrole descend jusque vers 35$, une baisse tout aussi exagérée que la hausse du 1er semestre. Bien sûr moins répercutée à la pompe. :-(

Les constructeurs automobiles figurent parmi les plus touchés (les actions perdent 73% en moyenne). General Motors est au bord du gouffre et demande l'aide de l'état américain (17,4 milliards $).

Beaucoup d'entreprises sont forcées de licencier et le chômage augmente. Le 6 novembre, le FMI prévoit pour 2009 une récession globale dans les pays développés, la première depuis l'après-guerre. La zone euro est officiellement déclarée en récession (3 trimestres de diminution du PIB). Le 26 novembre, la Commission européenne apporte 200 milliards € pour relancer l'économie.

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Ouf, c'est fini... En conclusion: beaucoup de milliards d'aide trop tardifs, beaucoup de mauvaises surprises dévoilées et une année 2009 qui s'annonce difficile. Malgré tout, n'oubliez pas que les actions sont toujours le placement le plus rentable à long terme. S'il vous reste encore des sous! :-p

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Je suis tombé par hasard il y a quelques temps sur un article de Wikipédia sur la crise bancaire de 1907, et c'est amusant de constater les ressemblances avec l'actuelle.

À l'époque, une panique toucha le système bancaire et se propagea à l'ensemble de l'économie américaine. Les liquidités venaient à manquer pour les investissements à court terme, les gens voulaient tous récupérer leurs placements. Les actions tombèrent de 50%.
Des banquiers sous l'influence de JP Morgan engagèrent des fonds pour sauver le pays. Cela aboutit à la création de la banque centrale, la FED, en 1913.

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Oserais-je dire qu'en 101 ans, nous n'avons rien appris. :-(

Comme en 1907, les spéculations, les ventes à découvert et (je l'avais signalé en septembre) les produits dérivés ont aggravé la situation.

La bourse était un moyen de parier sur une entreprise en achetant une partie de son capital. C'est aujourd'hui un réseau mondial de joueurs de casino amateurs qui utilisent les milliards de leurs clients pour s'amuser.

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